La révolte

Il y a quatre ans, je vous ai parlé d’un roman historique, Le roi disait que j’étais diable, qui évoquait de la vie d’Aliénor d’Aquitaine, femme exceptionnelle au destin exceptionnel, qui fut épouse de roi de France, puis épouse de roi d’Angleterre et mère de deux rois d’Angleterre. Ce bouquin débutait par le mariage d’Aliénor avec Louis VII, qu’elle méprisa tant, et s’achevait par le « divorce » et le départ d’Aliénor qui s’en allait rejoindre Henri Plantagenêt, futur Henri II d’Angleterre.

Dans le présent livre, Clara Dupont-Monod donne la parole à Richard, 4e enfant du couple, qui deviendra Richard 1er Cœur de Lion, et en fait le principal narrateur.

Aliénor et Henri sont deux fortes personnalités, qui s’opposent immédiatement. Henri s’approprie l’Aquitaine d’Aliénor, ce qu’elle ne peut accepter.

Sur ce parvis se tiennent deux fauves et chacun est sûr de son ascendant sur l’autre. En réalité, parce qu’ils se ressemblent trop, parce qu’ils se valent, ils deviendront ennemis mortels.

Ce qui n’était qu’un mariage d’intérêt se change rapidement en une rivalité chargée de haine. Au point qu’Aliénor finit par fomenter une révolte contre son royal époux, et demande à ses fils d’en prendre la tête, à coups d’actions militaires, s’associant même avec son ex-mari le roi de France !

Malheureusement, les relations entre les descendants du couple ne sont guères chaleureuses.

Malgré les rapprochements liés à la révolte, notre fratrie reste un groupe de solitudes.

Cette révolte échoue, puis recommence sous une autre forme…

L’auteure est à l’évidence passionnée par la personnalité hors du commun d’Aliénor. Si la reine qu’elle fut à deux reprises a évidemment laissé une trace profonde dans l’Histoire, la femme a également marqué son époque par la force de ses convictions. Au cours d’un siècle où le féminisme n’était même pas une possibilité, elle est parvenue à imposer ses vues, à protéger ses enfants et à préserver les intérêts de l’Aquitaine.

Toutefois, la vie a été rude pour elle, et rien ne lui a été épargné. Ainsi, à la mort de Guillaume, l’aîné, Richard a cette phrase terrible :

Désormais ma mère connaît l’envers du monde.

Ces deux livres ont réussi à me convaincre qu’Aliénor d’Aquitaine était une femme hors du commun.

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