Métronome 2

metronome2Après le succès de son premier livre sur l’Histoire de Paris, Lorànt Deutch ne pouvait que remettre le couvert. Cette fois, c’est au fil des grands axes de la capitale qu’il nous invite à le suivre. Rue Saint-Jacques, Boulevard Saint-Michel, Rue de Vaugirard… et au long de ces artères, nous faisons avec l’auteur de nombreux arrêts, qui sont autant de découvertes, d’anecdotes, de petits faits de la grande Histoire. Car dans ces voies se sont déroulés bien des événements, mais aussi sont nés des noms, des expressions, des légendes.

Je vous livre quelques bricoles en vrac :

  • La rue Blanche porte ce nom à cause des plâtriers qui descendaient la colline de Montmartre à brouette, venant des mines, et qui envoyaient de la poussière blanche partout.
  • La rue Mouffetard, désormais très touristique, était peuplée de miséreux jusqu’à il y a seulement quelques décennies.
  • Il y a une rue qui ne porte pas le même nom d’un côté et de l’autre, parce qu’il s’agissait jadis de deux rues, et que le pâté de maisons qui les séparait a disparu.
  • Le grand magasin BHV, le Bazar de l’Hôtel de Ville doit son existence à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon.
  • Le nom du pont d’Arcole n’a aucun rapport avec la victoire de Bonaparte en Italie, mais avec un gamin qui n’est pas sans évoquer le Gavroche des Misérables.
  • D’où vient le verbe Mégoter ? Des ramasseurs de mégots, qui en revendaient le tabac, du côté de la place Maubert, dont le nom rappelle que dans cette université professait autrefois Maître Albert.
  • Notre chandail en laine était porté aux Halles de Paris au XIXe par les marchands d’ail bretons.
  • C’est rue de la Verrerie qu’ont été attribués aux figures de nos cartes à jouer les noms de Judith, Charles, et autres grands du monde d’alors.
  • Une certaine Anne Leclerc a eu le triste privilège d’être la première femme guillotinée pendant la Révolution, pour avoir été en possession d’un collier volé.
  • Le Trocadéro doit son nom à un fort situé en Espagne, près de Cadix, bien loin de Paris.
  • Un élevage d’ânes s’appelle une asinerie. On élevait des baudets dans cette ville désormais dénommée Asnières.

Ce bouquin est truffé de centaines de découvertes passionnantes de ce genre. Bien sûr, nous croisons le long de ces pages quelques grands noms de l’Histoire de France, mais l’auteur a délibérément mis l’accent cette fois sur les petits, les anonymes, les gens de ces rues si animées qui font tout le sel de Paris.

Le XIXe siècle a sans doute été la période la plus turbulente de l’histoire de France, une époque frénétique, inventive, qui vit s’entremêler deux républiques, trois rois et deux empires… le tout sur fond de révolution des transports, des techniques et des idées.

J’ai vraiment adoré. Étant un grand amoureux de Paris, je ne suis sans doute pas objectif, toutefois je pense me préparer avec ce livre un petit parcours pour ma prochaine virée dans la capitale. Je ne verrai plus de la même façon certains quartiers que je croyais bien connaître, certains pour y avoir vécu. C’est une (re)découverte, c’est excellent.

2 réflexions sur « Métronome 2 »

    • C’est tout à fait vrai ! Laurànt Deutsch parle bien sûr un peu de cimetières dans ce livre, mais je me souviens surtout d’une demi-journée passée au cimetière Montparnasse il y a quelques années, en compagnie de ma femme et d’une amie. Passionnant ! Nous avons passé ce moment “en compagnie” de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Serge Gainsbourg, Alexandre Alekhine, Charles Beaudelaire, Delphine Seyrig, Charles Augustin Sainte-Beuve et bien d’autres. La liste est ici. Et moi qui n’ai jamais mis les pieds au Père-Lachaise !

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