Le livre des choses étranges et nouvelles

LivreChosesÉtrangesÇa se passe dans le futur (relativement proche), il y a une planète lointaine et des extraterrestres. Une puissante organisation mondiale, l’USIC, exploite, on ne sait trop comment ni pourquoi, les ressources d’une planète nommée Oasis. Le climat y est de type tropical et étouffant, les formes de vie sont rares, les pluies fréquentes, la base occupée par des scientifiques est toute petite dans cet immense désert spongieux… et surtout, il y a les autochtones.

Les Oasiens sont humanoïdes, mais n’ont pas vraiment de visage, ils parlent une langue à structure simple et prononciation ardue, toutefois ils ont appris suffisamment d’anglais pour que la communication soit possible sans trop de difficultés. Il y a quelques sonorités qui leur posent des problèmes d’élocution, elles sont retranscrites dans le roman par des symboles graphiques particuliers. Bien sûr, leur culture, leur sociologie et leur façon de concevoir les choses de la vie n’ont rien à voir avec les nôtres.

Pour une raison incompréhensible, l’USIC décide d’envoyer sur Oasis un missionnaire. C’est un jeune pasteur anglais ancien toxicomane, Peter Leigh, qui est choisi pour cette fonction. Bien qu’il soit marié à Beatrice, il est très enthousiaste à l’idée de tout laisser et de partir sur cette planète. C’est lui qui est au centre de l’histoire, le lecteur va le suivre dans ses moindres gestes.

Très vite, Peter se rend compte que les Oasiens ont déjà entendu parler de la Bible, qu’ils appellent « le livre des choses étranges et nouvelles », car un autre prédicateur a précédé Peter sur cette planète. Qu’est-il devenu ? Pourquoi a‑t-il brusquement quitté la cité oasienne ? Et que se passe-t-il pendant ce temps sur Terre, où les conditions sociales s’écroulent et où l’existence se fait dramatiquement dure ?

Peter et Bea, qui vivent une relation fusionnelle depuis longtemps, sont pour la première fois séparés. Les préoccupations de l’un s’éloignent à des années-lumière de celles de l’autre. Car, si pour Peter tout est apparemment facile (ne serait-ce pas un piège ?), tant les oasiens sont demandeurs de Saintes Écritures (mais pourquoi ?), Bea, qui est enceinte, subit pendant ce temps une descente aux enfers.

Le rythme du récit est lent, très lent. Michel Faber prend vraiment son temps pour décrire les situations et pour laisser l’ambiance s’installer. Le lecteur a ainsi la possibilité de se plonger dans l’histoire et dans l’intrigue principale, laquelle est agrémentée de plusieurs intrigues secondaires. Peter et Bea sont sympathiques bien que portés par une sorte de naïveté. Pour eux, Dieu est partout, tout ce qui se produit est Sa volonté (avec majuscule dans le texte). Il suffit de Le prier pour trouver la solution à n’importe quel problème, même très complexe. Sauf que cette façon d’appréhender le monde devient très difficile pour la jeune femme lorsqu’elle se retrouve complètement seule (lâchement abandonnée par Peter ?) dans des circonstances vraiment dramatiques et graves.

L’idée est originale et l’écriture parfaite. Les personnages manquent parfois de consistance et il y a quelques longueurs quelque peu soporifiques par moment, mais l’ensemble se lit très bien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *