L’assassin qui rêvait d’une place au paradis

AssassinPlaceParadisJonas Jonasson s’est fait une spécialité de ces histoires humoristiques, dans lesquelles des personnages improbables se retrouvent confrontés à des situations impossibles d’où ils se sortent par des pirouettes capillotractées dignes des dessins animés de Tex Avery, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Dans ce roman, nous rencontrons Johan Andersson, plus connu dans le milieu de la pègre suédoise sous le surnom de Dédé le meurtrier. Il a passé plus de la moitié de sa vie en taule pour diverses actions violentes à l’encontre de ses semblables. Il vient d’être libéré, et il est bien décidé à ne pas retourner derrière les barreaux. Il trouve à se loger dans un bordel déguisé en hôtel mal famé, tenu par un jeune réceptionniste désabusé, Per Persson. Ce dernier fait la connaissance d’une femme ex-pasteur, Johanna Kjellander, absolument incroyante, qui a été virée de sa paroisse à la suite de quelques propos déplacés.

À eux trois, ils vont monter une affaire juteuse. Lorsqu’un malfrat des environs veut se venger d’un concurrent, client ou fournisseur en lui donnant une correction, Dédé se charge du boulot. Per et Johanna prennent les contrats, organisent le travail, encaissent le fric et empochent un pourcentage.

Hélas ! un jour, Johanna parle de la Bible à Dédé, et celui-ci décide de cesser ses coupables activités, de répandre la bonne parole et de faire don de leur cagnotte à des associations caritatives afin de se racheter de ses erreurs passées !

Il s’ensuit une série de rebondissements du plus bel effet. Dédé est non seulement alcoolique, mais en plus il est atteint d’une stupidité d’une rare intensité. Ses deux acolytes, au contraire, ont un esprit machiavélique capable d’élaborer des plans extrêmement tordus pour parvenir à leurs fins : utiliser Dédé afin d’amasser le maximum de fric possible sur le dos de gogos naïfs et innocents. Bien sûr, leurs beaux projets sont menacés par les truands de la région, qui ont tous de bonnes raisons de vouloir les occire, et qui vont même jusqu’à s’allier pour y parvenir.

N’attendez surtout pas de ce livre un message philosophique ou une source de passionnantes discussions sur le sens de la vie, à part ceci : La frontière entre la virilité et la stupidité est parfois très mince. Il ne s’agit que d’une histoire destinée à faire rire, et elle y parvient plutôt bien. Les plans imaginés pour se tirer des mauvais pas sont extrêmement tordus, de temps en temps au point que le lecteur a un peu de mal à s’y retrouver, mais qu’on ne s’inquiète surtout pas, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme. Enfin… si, mais c’est un détail.

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