Trois jours et une vie

TroisJoursUneVieEn décembre 1999, Antoine Courtin a douze ans. Il vit à Beauval, une petite ville sans grande animation. C’est un gamin solitaire, qui souffre du départ de son père qu’il n’a presque pas connu et qui ne s’occupe guère de lui. Un jour, accidentellement, il tue son compagnon de jeu, Rémi Desmedt, six ans. Antoine dissimule le corps.

Dans le village, c’est l’angoisse générale. Rémi est-il mort ? Enlevé ? Par qui ? Les recherches se mettent en place rapidement, et une enquête est lancée par la gendarmerie. On demande à Antoine de témoigner, bien sûr, mais qui soupçonnerait un garçon de son âge ?

Pendant trois jours, toute la région est chamboulée. Des battues sont organisées, l’étang est sondé, en vain. Antoine bénéficie d’un sursis, toutefois il sait que ça ne va pas durer. Ces trois jours, évidemment, pèseront lourdement sur toute sa vie à venir.

Et puis, la tempête de 99 éclate, les dégâts sont considérables, les sinistrés innombrables. La disparition du petit Rémi, qui a pourtant tenu la France en haleine, passe au second plan. Cependant, cette catastrophe, qui a modifié et renversé la situation, ne change rien aux angoisses d’Antoine.

Des années passent. Antoine grandit, entreprend des études de médecine, rencontre une fille, s’éloigne de Beauval, mais y revient régulièrement voir sa mère.

L’affaire n’est pas finie, et ne lâchera jamais Antoine…

Pierre Lemaître entraîne le lecteur dans une formidable descente dans l’âme humaine. On suit de très près les réflexions d’Antoine face à la culpabilité qui le ronge, devant les images de ce petit garçon mort qui le hantent, et sous le poids qui l’accable. Il n’est qu’un adolescent plongé dans la solitude la plus totale lorsqu’il réalise les conséquences de ce qui est arrivé.

Alors qu’à son âge, il n’est évidemment pas du tout préparé à faire face à une telle tension, il se retrouve, précisément à ce moment-là, dans l’impossibilité totale de se confier à qui que ce soit, surtout pas sa mère. Le jour de l’accident, Antoine ne perd pas seulement sa quiétude, mais aussi son insouciance de gamin, et son enfance.

Du point de vue du lecteur, il n’y a pas vraiment d’enquête pour découvrir le responsable de cette disparition. Bien sûr, les gendarmes cherchent, mais nous, nous savons déjà tout. Il reste l’essentiel, les affres d’Antoine, qui interprète la moindre péripétie comme une sentence qui va s’abattre sur lui. Car il a l’impression que sa culpabilité est écrite en grosses lettres sur son front. Pourtant, il bénéficie d’une chance insolente avec cette tempête, qui lui fait échapper au pire.

Mais pas à lui-même. Car si plus personne ne cherche le corps du petit Rémi, Antoine est toujours poursuivi par sa faute et les images de Rémi mort. À partir de là, il va vivre une double vie, plongé dans la crainte permanente d’être reconnu pour ce qu’il est : un tueur d’enfant. Il en vient presque à espérer être confondu, afin que tout cela cesse, et que cette tension se relâche.

Quand tout cela va-t-il éclater, se demande le lecteur tout au long de ce superbe bouquin ? Chaque fois qu’il croit que ça va enfin péter, il y a un rebondissement, et ceci jusqu’à l’ultime page qui réserve encore une énorme surprise. Toutefois, l’existence entière d’Antoine sera bouleversée par ces trois jours, au point de le forcer à prendre des décisions à l’opposé de ses préférences.

En outre, ce livre nous rappelle qu’un accident, par définition, peut arriver à n’importe qui…

6 réflexions sur « Trois jours et une vie »

  1. Je l’ai acheté , il m’attend , c’est pourqoi je n’ai pas lu ton résumé , je préfère le découvrir. Bonne continuation. ?

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