Ma mère du Nord

MèreNordDes chapitres très courts, de quelques paragraphes, parfois un seul, des phrases percutantes, qui laissent le lecteur pantois. Voilà le style qui a fait la réputation de Jean-Louis Fournier. Sa plume, il la trempe souvent dans l’acide, ne faisant de cadeau à personne, y compris lorsqu’il est question de lui-même.

Il cause aussi de ses proches. Dans ses précédents bouquins, il a parlé de ses deux fils, nés gravement handicapés, de sa fille entrée dans les ordres, de sa femme décédée, de son père alcoolique… jusque-là, sa mère était passée entre les mailles du filet, mais il a fini par la rattraper.

Pour une fois, je n’ai pas été vraiment « happé » par la narration. Pourtant, les propos cinglants, les réflexions qui claquent sont bien là, mais, bien que le sujet soit la mère, c’est surtout le père qui prend.

À l’école, les parents, c’était ma mère. Notre père avait dû oublier qu’il avait des enfants. Elle était veuve en pire.

Sa mère, l’auteur en parle, bien sûr, puisqu’il écrit ce livre pour elle. Toutefois, on a l’impression d’un sujet un peu tabou, d’une limite qu’il s’est imposée et qu’il refuse de franchir, contrairement à son habitude.

Pourtant, ces pages réservent de bien belles envolées, tout à fait dans le style de cet écrivain dont j’envie l’esprit de synthèse, cette façon de voir les choses qui le fait aller droit au but, avec juste les mots qu’il faut pour tout décrire en quelques gifles.

Le divorce n’était pas encore un produit dérivé du mariage, c’était un péché mortel. On ne pouvait pas effacer ce que Dieu avait béni.

Ce n’est sans doute pas le meilleur livre de Jean-Louis Fournier, mais il complète magnifiquement le portrait de sa famille.

2 réflexions sur « Ma mère du Nord »

  1. mais, bien que le sujet soit la mère, c’est surtout le père qui prend. Il doit être très bien ce livre si en filigrane tout est de la faute du père. : 😛

    • Non, tout n’est pas la faute du père. Faut pas exagérer. Mais c’est vrai que cette femme n’a pas eu une vie facile, et le père y a été pour quelque chose.
      Jean-Louis Fournier a consacré un autre livre à son père, Il n’a jamais tué personne, mon papa, mais je ne l’ai pas encore lu.

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