L’idole

LIdoleFrançais moyen et médiocre, chômeur vivotant de petits boulots, sans femme ni enfants, Georges Frangin découvre un beau matin qu’il est devenu célèbre !

Dans la rue, tout le monde le dévisage, lui sourit, lui fait des courbettes. On lui parle, on lui demande des autographes, on le félicite pour ce qu’il a fait. Hier parfaitement anonyme, Georges se retrouve parachuté au firmament des stars et des peoples (pipoles en français).

À l’instar de K, le personnage de Kafka, qui ignore pourquoi on lui intente un procès, Georges ne comprend pas ce qui lui vaut cette soudaine notoriété. Le lecteur non plus, et c’est évidemment volontaire.

Ce court roman plein de drôlerie se veut une critique de cette célébrité volage, qui propulse un jour n’importe qui en haut de l’affiche et le rejette dans le caniveau le lendemain. C’est aussi une condamnation du show-biz, qui fabrique à l’emporte-pièce des prétendues vedettes en partant de personnes ne possédant strictement aucun talent particulier, sinon celui de poser devant un objectif, ou de susciter la colère, la pitié ou le dégoût. Qu’importe, pourvu que cela fasse grimper l’audimat.

Malgré quelques remarques bien envoyées et quelques phrases de belle envolée, ce petit conte a du mal à vraiment accrocher l’attention du lecteur. Certes, l’humour de Serge Joncour n’est plus à démontrer, mais s’il parvient sans peine à nous faire sourire, ça ne va malheureusement guère plus loin. Il manque une petite étincelle, et c’est dommage, car l’intention est bonne et l’idée de départ excellente.

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