Jules

Van CauwelaertÇa avance lentement, on a l’impression que ça piétine, et une fois à la fin du chapitre, on réalise qu’il s’est passé beaucoup de choses, que les personnages ont vécu, que la situation a bien évolué. Et qu’on ne peut plus lâcher ce bouquin à la fois drôle et tendre !

Alice a trente ans, elle est ravissante et aveugle. Jules, c’est son chien, qui lui sert d’yeux, qui la guide, qui l’aime, qui lui est dévoué corps et âme. Un jour, à Orly, avant d’embarquer, elle achète un ballotin de macarons dans une des boutiques de l’aéroport. Zibal, le vendeur, aide Alice et Jules à sortir d’un problème administratif, puis il retourne à son comptoir, le cœur plein d’Alice.

Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’Alice prend cet avion pour aller subir une opération qui lui rendra la vue. L’intervention réussit, et ce n’est finalement pas facile pour la jeune femme qui découvre visuellement le monde et surtout les gens qu’elle fréquente, jusqu’à sa propre image, qu’elle ne connaît pas.

Qui va me plaindre, désormais, m’admirer pour la façon dont je « prends les choses » ? Je retrouve la vue et je déprime.

Mais le pire est pour Jules. Sa maîtresse bien-aimée n’ayant plus besoin de lui ni de ses yeux, la pauvre bête perd sa raison de vivre. Il est affecté à un autre aveugle, un vieux grincheux qui le maltraite. Il s’évade et veut rejoindre Alice. Mais comment faire, quand on est un chien ? Il parvient à retourner à Orly et à retrouver Zibal, qui les avait aidés. Lui aussi souhaiterait revoir la jeune femme, mais comment faire quand on ignore où elle est ? Ces deux-là sont faits pour s’entendre…

C’est drôle dès le début, ça le reste jusqu’au bout, toutefois il n’y a pas que de la comédie dans ce livre. Didier Van Cauwelaert s’y connaît en sentiments humains, et le lecteur découvre vite que les situations d’Alice, Zibal et Jules ne sont pas si simples que ça.

Si Alice a perdu la vue à l’adolescence, ce n’est pas juste dans un accident. Zibal vend des macarons alors qu’il est ingénieur en biochimie et en astrophysique, et qu’il parle russe. Chacun a un passé pesant duquel il doit se défaire. Et il y a les autres : Fred, dans la vie d’Alice, la mère de Zibal, envahissante… Jules a du pain sur la planche !

À chaque chapitre, le narrateur change, Zibal ou Alice, en alternance, ce qui permet au lecteur de connaître toute la situation et les pensées des protagonistes, tandis qu’eux, évidemment, n’en voient qu’une partie.

Bien sûr, la happy end est garantie, dans ce genre de roman. L’intérêt n’est pas dans la fin, assez prévisible, mais dans le cheminement que doivent accomplir les personnages pour parvenir à cette fin. Les pinailleurs diront sans doute qu’il y a dans le récit des coïncidences un peu trop favorables et des imbroglios qui se dénouent un peu trop facilement. C’est vrai. Pourtant, ce roman coule comme de l’eau fraîche un jour de canicule. Il procure du plaisir, il fait sourire, il fait réfléchir… comme le dit la quatrième de couverture, il rend heureux. C’est un conte, et comme tous les contes, même naïfs, il y a un sens caché sous l’histoire.

6 réflexions sur « Jules »

    • Porte plainte, Caro ! Attaque-le !
      Mais commence par mettre un chien dans ton histoire, sinon ça ne marchera pas. 😉

      • Ah ouais t’as raison, un chien. Mince y a pas d’animal dans mon histoire à moi… Ouais mais il a quand même plagié mon titre. Maintenant je pourrai plus faire un succès avec mon Jules… (et pourtant, c’était vraiment parti pour…)

        • Ben moi je trouve qu’il a bien fait, parce que ça faisait longtemps que tu ne t’étais pas manifestée ici. Il t’a tirée de ta tanière !

  1. M’a l’air pas mal ce livre, les destins sont intriguants et parfois surprenants. À voir, j’ai déja un tas de bouquins qui m’attendent, merci quand même et à plus. Ciao.

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