Les deux messieurs de Bruxelles

DeuxMessieursBruxellesCelui qui se laisse guider par la plume d’Éric Emmanuel Schmitt peut être sûr que les sentiments humains, en particulier les plus tendres, seront au rendez-vous. Comment s’y prend-il pour nous faire ressentir les remous qui agitent l’âme humaine ? Sans doute parce qu’il sait les éveiller dans l’esprit du lecteur. Ce n’est plus de la lecture, mais de l’introspection.

Il y a cinq nouvelles dans ce livre, cinq perles de délicatesse et de sensibilité.

> Les deux messieurs de Bruxelles. La nouvelle qui donne son titre au recueil raconte l’histoire de deux homosexuels qui, discrètement, se « marient » au fond d’une église pendant une vraie cérémonie de mariage. Au cours des années suivantes, ils s’intéressent de loin à la destinée du couple auquel ils sont, d’une certaine façon, liés. Une destinée très différente et bien moins clémente que la leur, grâce à laquelle ils vont toucher du doigt un domaine qui leur est à jamais interdit : les sentiments maternels et paternels.

> Le chien. Le docteur Samuel Heymann est un homme taciturne et renfermé, presque un misanthrope. Peu de temps après le décès accidentel de son chien, il se tire une balle dans la tête. Pour quelle raison ? On n’a jamais vu quelqu’un se suicider à cause de la perte d’un animal. Alors, pourquoi le docteur a‑t-il fait cela ? Quelle importance avait ce chien dans sa vie ? La réponse est poignante…

> Ménage à trois. Constance est la jeune veuve d’un musicien inconnu. Elle épouse en secondes noces un Danois qui voue une grande admiration à l’ex-mari de Constance, au point de consacrer son existence à faire connaître son œuvre. Cette histoire est en grande partie vraie.

> Un cœur sous la cendre. Alba préfère son neveu Jonas à son fils Thor, qu’elle considère terne et sans intérêt. Jonas a hélas, un grave problème cardiaque, qui nécessiterait une greffe rapide, mais en Irlande la probabilité de trouver un donneur est extrêmement faible. Un jour, le drame éclate : Thor meurt, victime d’un accident de la circulation, et Alba sombre dans la culpabilité. Dans cette obscurité, il y a tout de même une petite lueur. Le même jour, Jonas a bénéficié d’une greffe quasi miraculeuse…

> L’enfant fantôme. Séverine et Benjamin sont mariés, mais ils s’ignorent mutuellement avec application, mettant beaucoup d’énergie à nier la présence de l’autre. Comment en sont-ils arrivés là ? À cause d’un enfant qu’ils n’ont pas eu. Tous deux porteurs d’une grave maladie congénitale, ils ont décidé de ne pas garder le bébé, une fois Séverine enceinte, car il aurait été handicapé. Ils ont dû renoncer à procréer, étant trop âgés pour espérer une seconde chance. Quelle pirouette de la vie les a amenés à regretter ce choix ?

Laissez-vous simplement porter par ces cinq tranches de vie, et, si l’envie de méditer vous prend, ne la repoussez pas.

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