Les perroquets de la place d’Arezzo

PerroquetsPlaceArezzoPlusieurs riverains de la place d’Arezzo, à Bruxelles, reçoivent un jour une lettre anonyme très brève :

Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime. Signé : tu sais qui.

Arrêtez-vous quelques instants de lire cet article et imaginez que vous recevez ce mot. Forcément, le nom d’un expéditeur vous viendra à l’esprit.

Ce bouquin parle d’amour, évidemment. Mais il parle surtout de couples, et des relations entre les gens. Par couple, on entend… un homme et une femme, ou deux hommes, ou deux femmes, des gens qui s’aiment, des gens qui ne s’aiment plus, qui ne se posent même plus la question, qui sont dans leurs habitudes, qui se servent l’un de l’autre, qui voudraient certaines choses, qui voudraient que ça s’arrête, ou que ça commence… Les possibilités sont très nombreuses, alors les personnages d’Éric-Emmanuel Schmitt le sont également, afin qu’il puisse mettre en place toute sorte de combinaisons.

Il est aussi beaucoup question de sexe, bien sûr. Un couple, ce n’est pas seulement regarder la télé ensemble ! Il y a des ados qui ne connaissent pas encore la chose, des libertins qui vont toujours plus loin par peur de l’ennui, des érotomanes, des romantiques, des blessés de la vie, des profiteurs… Il y en a qui aiment les petits(tes), d’autres les gros(ses), les timides, les cochons(nes), les jeunes, les vieux…

Autour de cette place d’Arezzo, il y a des nantis, des pauvres, un homme politique international (qui ressemble beaucoup à un certain DSK, et ce n’est pas par hasard), un écrivain très célèbre, un jardinier inculte, une fleuriste colérique, une croqueuse de mecs, des désespérés, des bourgeois imbus d’eux-mêmes, des infirmes, des malades…

Comme on le voit, il y a là un échantillonnage représentatif du genre humain, que l’auteur fait vivre, qu’il examine et étudie comme il aime le faire. Au début, tout cela semble un peu confus. On passe d’une personne à l’autre, d’un couple au suivant, et souvent on ne sait plus qui est qui sans revenir feuilleter les pages précédentes. Je reconnais que cela m’a vraiment gêné. Puis tout se met en place. Les histoires se recoupent, des couples (justement !) se forment et le nombre d’affaires à suivre se restreint. Après tout, ces gens sont des voisins et se croisent régulièrement depuis longtemps. Petit à petit, le ton se met en place. Certains cas sont graves, mais il y a beaucoup d’humour, comme pour nous rappeler qu’il ne faut jamais, jamais se prendre trop au sérieux.

La plupart des personnages vont trouver ce qu’ils cherchent, chaussure à leur pied ou voie vers le bonheur. Même les vicelards finiront par avoir ce qu’ils méritent. J’ai vraiment aimé ce bouquin. Il est épais, le début réclame un petit effort de la part du lecteur, et le reste n’est que du plaisir.

J’oubliais… il y a aussi la question de savoir qui a envoyé ces lettres anonymes.

1 réflexion sur « Les perroquets de la place d’Arezzo »

  1. Il faut que je le trouve celui-là pour le placer en attente dans la pile de livres qui s’est constituée en lisant tes critiques. En plus, cet auteur est un auteur sûr.

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