La femme au miroir

FemmeMiroirElles sont trois femmes aux prénoms similaires : Anne, Hanna et Anny, mais elles ne se connaissent pas. Et pour cause : Anne vit à Bruges à l’époque de la Renaissance, Hanna à Vienne au début du XXe siècle et Anny à Hollywood de nos jours. Pourtant, leurs existences, ou plutôt leurs manières de ressentir la vie offrent beaucoup de points communs.

Le livre nous fait passer en alternance de l’une à l’autre, un chapitre pour chacune. Ceux d’Anne et Anny sont classiquement narrés à la troisième personne, ceux d’Hanna sont constitués de la correspondance qu’elle adresse à une amie, et dans laquelle elle se raconte.

Anne est une mystique. Elle a renoncé à une existence d’épouse que bien d’autres appellent de leurs vœux afin de se consacrer à la contemplation. Mais elle n’est pas religieuse. Elle a un don pour percevoir dans tout ce qui l’entoure une vie lumineuse. Elle entre en communion avec les êtres, non seulement les humains, dont elle perce l’âme avec facilité, mais aussi les animaux et les végétaux. En un mot, elle ressent la présence de ce que d’autres nomment Dieu.

Hanna est déçue. Elle a fait un beau mariage, elle évolue dans un milieu aisé, elle est comblée de mille choses. Enfin… comblée n’est pas le terme, car elle se sent très mal à l’aise. Son époux l’ennuie, elle est perpétuellement décalée avec ce qui l’entoure et ne parvient pas à tomber enceinte. Pour avoir l’impression de vivre, elle dépense des sommes folles dans des bibelots onéreux et inutiles.

Anny est une star mondiale du cinéma. Elle est sexy, riche, désirée, convoitée… et elle ne sait elle-même qui elle est vraiment, entre vraie vie et rôles joués. Elle fuit dans le sexe, l’alcool et la drogue.

À travers le temps, les destinées de ces trois femmes convergent pourtant, s’entraidant en quelque sorte pour trouver des réponses à leurs questions. Ne seraient-elles pas une seule et même personne ?

Éric-Emmanuel Schmitt s’en est donné à cœur joie pour tisser ces trois vies de femme. Le passage incessant d’une histoire à l’autre rend le début du roman un peu délicat à aborder, le temps que le lecteur trouve ses marques. Ensuite… il ne reste que le plaisir de découvrir comment les pièces du puzzle se mettent en place jusqu’à constituer le feu d’artifice final. En toile de fond, cette ambiance à mi-chemin entre philosophie et mystique chère à cet auteur. Ce n’est sans doute pas son meilleur bouquin, mais il mérite amplement le détour.

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