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Commentaire

L’espèce fabulatrice — 3 commentaires

  1. Voi­là un livre que je n’achèterai pas.
    Affir­mer : Évi­dem­ment, là encore, c’est l’imagination. L’animal ne cherche pas à inter­pré­ter ce qui l’entoure. Il prend tout ce qui lui arrive comme ça lui arrive, y com­pris les évé­ne­ments majeurs que sont sa nais­sance et sa mort. L’homme passe le plus clair de son temps à fabu­ler, c’est la seule espèce à vivre ain­si.
    Des preuves, les affir­ma­tions non étayées par des études sérieuses ne me suf­fisent pas. Serait-ce seule­ment le pri­vi­lège de l’animal de prendre ce qui lui arrive comme cela lui arrive, comme la nais­sance et la mort, mais l’homme que fait-il donc d’autre ? L’homme n’a aucun pou­voir même pas l’imagination pour évi­ter les aléas de sa vie. C’est une grande imbé­ci­li­té de dire que les ani­maux n’ont pas d’imagination, celui qui a pos­sé­dé un chien dans sa vie sait déjà qu’en dor­mant il rêve par­fois et bruyam­ment.
    Affir­mer : Quand on main­tient les gens, année après année, dans un uni­vers de lai­deur et de contrainte, de misère et d’humiliation, on ne peut s’attendre à trou­ver en eux des inter­lo­cu­teurs ouverts et sou­riants, à la parole nuan­cée.
    Si cela était vrai et prou­vé, aucun espoir ne serait pos­sible et c’est faux. Il y a de nom­breux enfants de milieu défa­vo­ri­sé qui non seule­ment réus­sissent leurs propres vies, mais aident les autres à le faire, et de nom­breux enfants de milieu très favo­ri­sé qui deviennent des voyous.
    Je m’arrête là, je vais écrire un roman.

    • Il ne faut pas prendre mon com­men­taire pour un résu­mé du livre ! Il y a des expli­ca­tions, des situa­tions (comme l’animal qui rêve, par exemple), mais l’ensemble traite essen­tiel­le­ment de géné­ra­li­tés, d’où il ne faut omettre les cas par­ti­cu­liers. Le résul­tat est un bou­quin qui n’est certes pas une œuvre inat­ta­quable, mais qui est un tis­su de réflexions très inté­res­santes.

  2. Mer­ci à toi Claude.
    Ce livre parle de l’Homme. Il parle aus­si de vous, les auteurs, qui par vos his­toires agran­dis­sez notre uni­vers.
    Cet essai sur le rap­port de l’homme au roman, aux his­toires que cha­cun de nous construi­sons pour don­ner sens au réel n’est pas inat­ta­quable, bien sûr. Pour ma part il fut entre autre une réponse, une véri­table déli­vrance, même, par rap­port à la ques­tion de l’honnêteté intel­lec­tuelle d’une auto­bio­gra­phie. Il me fut bien plus… Mais c’est une autre his­toire.

    Je ne suis pas écri­vain… il m’est plus facile de citer quelques pas­sages. (qui ne résument pas l’œuvre)

    L’espèce humaine se dif­fé­ren­cie des autres par sa capa­ci­té à se racon­ter des his­toires. Dans son cha­pitre sur la fable guer­rière N.H. écrit p 114 :
    “Le propre de notre espèce n’est pas qu’elle se livre à la guerre depuis la nuit des temps (les chim­pan­zés et les four­mis en font autant), c’est qu’elle en fait toute une his­toire… Et des mil­lions d’histoires.”

    P 157 “…Aus­si loin que l’on remonte dans le temps, aus­si pro­fond que l’on s’enfonce dans la jungle ou le désert, on ne trouve aucune trace d’un grou­pe­ment humain ayant vécu ou vivant dans la seule “réa­li­té”, la consta­tant et la com­men­tant, sans (se) racon­ter d’histoire à son sujet”.

    Dans le cha­pitre sur la croyance p 111 :
    “Il y a donc deux espèces de véri­té : celle objec­tive, dont les résul­tats peuvent être confron­tés au réel (sciences, tech­niques, vie quo­ti­dienne) et celle sub­jec­tive à laquelle on accède que par l’expérience inté­rieure (mythes, reli­gions, lit­té­ra­ture)”.
    Dans le cha­pitre “Le cer­veau conteur” : “Ce qui a du Sens, ce n’est pas le rêve, mais le récit de ce rêve, qui est déjà une inter­pré­ta­tion.
    À pro­pos des per­son­nages de roman, elle écrit p 173 “Ils nous aident à com­prendre que nos vies sont des fic­tions — et que, du coup, nous avons le pou­voir d’y inter­ve­nir, d’en modi­fier le cours.”
    Et une der­nière cita­tion pour la route. En par­lant de l’utilité du roman, l’auteur écrit : “…il nous apprend à réima­gi­ner le monde, à voir la pos­si­bi­li­té de chan­ge­ment, et à accueillir cette pos­si­bi­li­té dans notre vie”

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