Le passeur du temps

PasseurTempsComme il le fait souvent, Mitch Albom nous propose un roman aux allures de parabole, écrit sur un ton très poétique.

À l’aube de l’Histoire des hommes, Dor a en quelque sorte inventé le temps, car il a été le premier à en mesurer le rythme et à créer des instruments pour réaliser cette tâche. Mais sans le vouloir, il a aussi inventé l’écoulement des jours, et avec lui le stress, l’impatience, la peur de perdre… et celle de la mort.

Nous étions toujours en quête d’autres minutes, d’autres heures, de progrès pour accomplir davantage de tâches chaque jour. La joie simple de vivre entre deux aurores avait disparu.

Dor est exilé (par Dieu ?) au fond d’une caverne dans laquelle il ne vieillira plus. De là, condamné à la solitude et à l’écoulement infini des jours, il entend toutes les suppliques du monde, toutes les prières des hommes à propos du temps : ceux qui en demandent davantage, ceux qui trouvent qu’il va trop vite, ceux qui trouvent qu’il va trop lentement… Toutes les implorations lui parviennent, mêlées aux souvenirs de sa vie passée, avec son épouse et leurs enfants.

Dor, le Père Temps, est finalement libéré après plusieurs siècles et renvoyé sur Terre pour achever ce qu’il avait commencé.

Il sélectionne deux personnes parmi les humains, deux suppliques entendues pendant son exil. Il choisit la jeune Sarah, qui voudrait que le temps s’arrête lorsqu’elle est avec le garçon qu’elle aime. Mais comme lui ne l’aime pas, elle souhaite mourir. Dor choisit également Victor, vieillard richissime, qui est au terme de son existence et réclame plus de temps. Il décide de tricher, et d’utiliser la science pour obtenir une seconde vie.

Qu’est-ce que Dor doit faire avec eux ? Lui-même l’ignore. Leur apporter de la sagesse, peut-être, mais n’est-ce pas trop tard ?

Un roman court et lourd de sens, dans lequel chaque lecteur retrouvera sa propre fuite en avant et sa propre frénésie à chercher ce qu’il possède déjà.

« Il y a une raison pour laquelle Dieu limite nos jours.

— Laquelle ?

— Pour que chacun d’eux soit précieux. »

Avec un épilogue en forme de morale : goûtons chaque minute ce que chaque minute nous apporte, sans revenir sur la précédente et sans sacrifier la présente à celle qui va suivre.

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