Ce que je sais de Vera Candida

VeraCandida

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est la précision avec laquelle Véronique Ovaldé choisit ses mots. Le mot précis, non pour décrire la chose, mais pour provoquer chez le lecteur la sensation qu’il aurait en voyant la chose. Le résultat, c’est qu’on se trouve rapidement plongé dans le décor, malgré le peu de descriptions.

Autre fait remarquable : la rareté des dialogues. Les personnages parlent, bien sûr, mais leurs propos sont intégrés à la narration. Et lorsqu’ils s’expriment vraiment, les mots prononcés sont noyés dans la phrase, sans guillemets, ni aucun autre signe typographique habituel. On s’y fait très vite.

Pour échapper au triste destin qui a déjà frappé sa grand-mère et sa mère, Vera Candida, à seulement quinze ans, décide de quitter l’île imaginaire de Vatapuna pour se rendre à Lahomeria. Là, elle va devoir se battre pour survivre et pour élever sa fille Monica. Mais elle est si profondément blessée par la vie qu’elle doute même de l’amour que lui offre Itzaga.

L’histoire commence alors que la grand-mère de Vera Candida est encore jeune. Le lecteur comprend alors les difficultés que rencontre une femme pour vivre dans un endroit comme celui-ci. La majeure partie du roman raconte bien sûr la vie de Vera Candida, en particulier ce qu’elle a vécu entre quinze et vingt ans. Il y a des accélérations, des bonds dans le temps, des retours vers le passé, sur un rythme lent, comme est la vie sous ces latitudes.

Rose Bustamente, la grand-mère maternelle de Vera Candida, avant de devenir la meilleure pêcheuse de poissons volants de ce bout de mer, avait été la plus jolie pute de Vatapuna.

Une plume légère pour raconter une histoire lourde de sens, tout en relations entre les gens et en tendresse. J’ai beaucoup aimé.

  • Grand prix des lectrices de Elle.
  • Prix Renaudot des lycéens.
  • Prix France Télévisions.

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