Soie

Voilà un livre comme je les aime. Une histoire simple servie par une écriture originale, poétique, qui transmet de fortes sensations au lecteur, et qui le laisse méditatif et abasourdi. Très court. Je l’ai lu (non, dévoré) en deux heures, et encore, j’ai fait durer le plaisir.

En 1860, Hervé Joncour vit confortablement grâce au commerce des œufs de vers à soie, qu’il achète en Afrique du Nord et qu’il revend aux filatures de sa région. Malheureusement, les élevages sont décimés par une épidémie. Les seuls encore épargnés se trouvent au Japon, pays alors fermé presque totalement au reste du monde. C’est là-bas qu’Hervé doit se rendre pour sauver son avenir. Au cours de plusieurs voyages qui durent six mois chacun, il trouve la fortune, et bien plus. Il rencontre une culture, des gens, et une femme. Inaccessibles.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est indéniablement l’écriture. Au moyen de phrases très courtes, de paragraphes très brefs, de dialogues sans fioritures, Alessandro Baricco plante des personnages peu nombreux et réduits à leur plus simple expression, presque inexpressifs tant ils sont dépouillés. Grâce à cette extrême simplicité, il parvient à nous émouvoir et à nous accrocher dès les premières pages.

C’est cette écriture qui donne tant de force à une histoire qui, sans elle, serait banale. C’est aussi cette écriture simple et si précise qui parvient à garder jusqu’à la dernière page le voile sur une chute très émouvante, qui se donne des airs de morale.

Si peu de mots, si peu de détails, pour un livre si beau, c’est du grand art.

Message personnel : Merci Henri de m’avoir collé ce petit bouquin dans les mains.

5 réflexions sur « Soie »

  1. Et le film n’est pas mal non plus…
    As-tu lu, dans un autre registre mais (à mon avis) tout aussi poétique : La petite fille de Monsieur Linh (ortho pas sûre) ?
    c’est de Philippe Claudel un autre écrivain (réalisateur etc..) que j’aime beaucoup (Les âmes grises, Tous les soleils etc..)
    Amitiés,
    christina

  2. Je l’ai bien aimé aussi.
    La même année (97), Baricco a écrit un autre roman très court et très prenant : “Novecento : pianiste”. C’est mon préféré.
    Du coup, j’ai lu “Châteaux de la colère” qui est de 95, mais j’ai moins aimé : trop long, trop tortueux, je n’ai pas tout compris…

  3. Novecento”, “Soie”… Deux chefs d’oeuvre, concis, émouvants, tant par le fil conducteur que par une merveilleuse écriture!

  4. Moi, ce petit grand livre m’a été mis dans les mains par un ami poète, et je n’ai de cesse de le retrouver périodiquement, tant sa “simplicité”, sa concision, marquent le lecture dès les premières pages. Un livre qui émeut par son écriture, cela devient de plus en plus rare. C’est beau, c’est grand.

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