Minifiction #188

Bête comme tes pieds


Être bête comme ses pieds, ça arrive. Tout le monde n'est pas malin comme un singe.

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Le choix d’Auguste

choixaugusteQui est le Soldat inconnu, qui gît sous l’Arc de Triomphe de Paris ?

Ben… on n’en sait rien, puisqu’il est inconnu, me répondrez-vous avec raison.

Oui, mais… il a vraiment existé. Il est né à la fin du XIXe siècle, il était français, soldat au cours de la Première Guerre mondiale où il a trouvé la mort, ainsi que de très (trop) nombreux autres jeunes gens, dans des conditions extrêmement difficiles.

En 1920, les corps de huit soldats qu’il a été impossible d’identifier (mais assurément français), venus des huit régions dans lesquelles les pires combats avaient eu lieu, ont été amenés à la citadelle de Verdun, puis soigneusement « mélangés » à plusieurs reprises afin de ne même pas connaître leur provenance. Le 10 novembre de cette année, André Maginot, alors ministre des Pensions, a chargé Auguste Thin (d’où le titre du livre), un des jeunes bidasses de la garde, d’en désigner un. C’est celui-ci qui est devenu le célèbre Soldat inconnu, inhumé depuis sous l’Arc de Triomphe de Paris.

Ça, c’est l’Histoire avec un grand H.

Pour un romancier comme Jean Anglade, c’est insuffisant.

Alors, il nous raconte l’histoire (avec un petit h) et la vie de Jean-Marie Coustille, instituteur auvergnat, fils d’apiculteur, qui a été un gamin ordinaire, un jeune homme comme tant d’autres, puis un adulte pacifiste, idéaliste et néanmoins patriote, qui s’est retrouvé bien malgré lui expédié sur le front de la Grande Guerre. Il a connu les tranchées, Verdun, la Somme, la capture, une blessure, etc. Et bien sûr, il a été tué… et choisi par Auguste.

Dans ce roman prenant, très bien écrit, parfaitement documenté, qui fleure bon le terroir et la France d’antan, l’auteur invente une biographie au plus célèbre de nos anonymes. Certes, certains passages sont « gentils », notamment les descriptions des combats livrés sur le front. On est loin de l’horreur relatée par ceux qui ont vraiment participé à ces atrocités. Mais qu’importe ? Le style est parfait, le lecteur est rapidement saisi par le rythme lent et le plaisir de suivre un récit passionnant. (Bien que l’épilogue soit un peu trop mélo à mon goût.) À la fin, on se prend à espérer que le vrai Soldat inconnu a été un type aussi sympathique que Jean-Marie.

C’est souvent lui-même qui raconte, en s’adressant à sa lointaine mère. Même après sa mort, il continue à lui parler et à narrer ce qui lui arrive. C’est un peu tiré par les cheveux, mais ça se digère bien quand même.

Ce qui est sûr, c’est que moi, qui suis à de nombreuses reprises passé par la place de l’Étoile sans la moindre attention pour le poilu qui gît sous la dalle, j’aurai une pensée pour lui la prochaine fois, à travers l’image de ce personnage de roman qui lui rend si bien hommage.

Petite précision à propos de Jean Anglade, que j’ai eu l’occasion de croiser dans une foire du livre : il a publié ce roman à l’âge de 97 ans, et plusieurs autres depuis, selon son rythme habituel d’au moins un bouquin par année. Je lui souhaite de continuer à écrire pendant encore longtemps. Après tout, il n’a que 101 ans.

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Minifiction #187

Il faut sauver l'ordi


On conserve le nucléaire pour préserver l'économie. Mais si ça pète, l'économie servira à qui et à quoi ?

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La Compagnie des Menteurs

compagniementeursÀ la moitié du XIVe siècle, la peste fait rage en Europe. Partout, les gens ne savent plus vers quoi se tourner pour s’en sortir. Prières, superstitions, rites païens, sacrifices… tout est bon pour se préserver et avoir moins peur, mais bien sûr cela n’entrave en rien l’épidémie.

Dans le sud de l’Angleterre, le hasard réunit neuf personnes autour d’un intérêt commun : voyager en direction du nord, là où la maladie serait, paraît-il, moins virulente. Il faut aller vite, car le mal s’étend. Il y a le narrateur, qui vit du trafic de pseudo-reliques, un illusionniste, deux ménestrels, une étrange gamine qui semble connaître l’avenir, une vieille guérisseuse, un jeune couple dont la femme est enceinte, et un conteur manchot.

Le lecteur se rend rapidement compte que chacun cache quelque chose. Ce qu’il raconte de son histoire et de ses origines est visiblement faux. Leur groupe est constitué de menteurs, car ils ont tous de bonnes raisons de dissimuler la vérité.

La mort guette, non seulement par la peste, mais aussi par une sourde menace qui pèse sur la Compagnie. Un jour, l’un de ses membres est retrouvé pendu…

Ce roman de Karen Maitland plonge le lecteur dans un Moyen-Âge particulièrement bien restitué. Une foule de détails sont présentés, contribuant à rendre le décor vivant. Les descriptions des gens et des lieux, la reconstitution des villages, les bruits, les odeurs, les voix… tout est passé au crible, tout est peint avec une grande précision. Bien sûr, il y a la réalité historique de cette période, qui est scrupuleusement respectée, mais tout ce qui faisait la vie quotidienne de cette époque est mis en place avec rigueur et exactitude.

Je crois que c’est ce qui m’a le plus « accroché » dans ce roman : l’impression de voyager dans le temps. Le lecteur n’a qu’à faire confiance à l’histoire, les sensations visuelles, auditives et autres sont là, il suffit de se laisser porter.

Bien sûr, il y a également l’intrigue. Les intrigues, plutôt. Malgré le rythme lent (aussi lent que la fuite de la Compagnie devant l’épidémie), les choses avancent assez vite. Chaque chapitre apporte son lot de surprises et de révélations. On se demande qui est qui, où est la vérité, on craint ce qui adviendra… En un mot, on ne s’ennuie pas.

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Minifiction #186

La fille du rond-point


L'amour vous tombe dessus au moment où l'on s'y attend le moins, et dans des lieux parfois improbables.

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Le village des oubliés

VillageOubliésTout le monde a entendu parler du massacre d’Oradour-sur-Glane, ce village de Haute-Vienne où, le 10 juin 1944, une compagnie de SS a assassiné plus de six cents personnes, dont un grand nombre ont été brûlées vives dans l’église.

Ce roman s’appuie en grande partie sur ce drame, mais la date diffère d’un jour, le village n’est pas cité, il n’est pas situé au même endroit, et le commandant nazi responsable de la tuerie ne porte pas le même nom.

La plus grande partie du récit oscille entre ce funeste mois de juin 1944 et celui de juillet 1982. Quelques rescapés sont toujours vivants trente-huit années plus tard, la tragédie pesant encore sur leurs existences. À chaque chapitre, un des personnages est au centre de la narration, ce qui permet au lecteur de suivre les événements de différents points de vue. En 82, Michel est un jeune garçon plein de vie. En 44, Marie est une fillette pétillante. À l’époque, elle était hébergée chez son oncle Ferdinand qui a connu la Première Guerre, et qui est également le grand-oncle de Michel.

L’orage noir qui grondait dans sa tête depuis la Grande Guerre obscurcissait tout : la joie, la vie, la nourriture, l’ivresse du pinard. Seuls les morts avaient encore de la saveur à ses yeux.

Il y a aussi Ulysse, Wolfgang, Alphonse, Dinis, Siméon, Isidore, Trottinette, etc.

En 82, une famille de quatre Allemands vient dans le village, et ils sont assassinés. Par qui ? Pourquoi ? Bien sûr, on pense immédiatement à une vengeance qui a couvé durant toutes ces années.

L’intrigue est parfaitement menée. Elle se divise en de nombreuses ramifications, selon les relations entre les protagonistes, le passé et le présent s’imbriquent, des souvenirs ressortent, de vieilles souffrances réapparaissent, des secrets refont surface. Qu’est-il arrivé exactement il y a presque quarante ans ? Qui sont ces touristes tués ? Petit à petit, on voit se dessiner une réponse. Les éléments convergent, la solution approche… mais il est probablement impossible de la deviner avant le terme de ce livre palpitant !

L’auteur, c’est mon copain Henri Courtade. J’en entends déjà qui s’imaginent que comme il s’agit d’un pote, j’ai encensé le bouquin pour lui faire de la pub. Eh ben non, c’est pas le genre de la maison ! Henri, ton livre est vraiment excellent, ne les écoute pas, c’est tous des jaloux. Depuis quelques années, au fil de tes romans, j’ai vu ton style s’affermir, évoluer, se renforcer. Avec ce récit, tu as indéniablement passé un cap. J’ai adoré ta façon de raconter en prenant ton temps, en inventant une foultitude de détails sur les personnages, ce qui les rend criants de réalisme. Ils sont si « vrais » qu’on a l’impression de les connaître, ou plutôt que toi, tu les connais, ce qui est peut-être le cas. T’es-tu inspiré de gens que tu fréquentes dans ton cher village que tu aimes tant ?

Je suis véritablement « tombé » dans ce roman que je recommande sans retenue.

Il y a juste un détail qui me chiffonne, Henri… pour les chats… tu étais vraiment obligé ?

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Minifiction #185

David Croquette


Autrefois, le Far West enflammait aventuriers et chercheurs d'or. Aujourd'hui, il enflamme l'imagination.

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Minifiction #184

Les fruits défendus


Une petite histoire à mettre entre toute les mains. Même les enfants ? Mais oui…

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Furie divine

FurieDivineInquiétant, ce bouquin qui parle de l’Islam et de la radicalisation. Pourtant, sur bien des points, il apportera les lumières de la connaissance à plus d’un lecteur occidental.

Une précision est nécessaire. L’ordre de parution des livres de José Rodrigues Dos Santos au Portugal et l’ordre de leurs traductions en français n’est pas le même. Bien que ce livre soit arrivé chez nous cette année, il date de 2009. Il y est question d’Al-Quaïda et d’un certain Ben Laden, deux noms qui font déjà partie du passé. Mais même si la menace a changé de nom, elle n’est guère différente. Nous constatons que certaines prévisions faites par l’auteur il y a sept ans se sont hélas réalisées, ce qui n’est pas fait pour nous rassurer quand on lit les autres.

L’Occident va effectivement faire l’objet d’une attaque à l’arme nucléaire. La seule question est de savoir quand.

Le lecteur retrouve l’historien Tomás Noronha dans le rôle du personnage principal. Ceux qui ont lu d’autres bouquins de la série et qui s’attendent à des énigmes scientifiques et symboliques vont être déçus. Il y a bien enquête, mais finalement assez peu de suspense. À vrai dire, le récit est un peu léger et la chute prévisible. L’intérêt du livre est ailleurs…

Parallèlement aux recherches effectuées par Tomás, nous remontons le temps et suivons le parcours d’Ahmed. Au début de la narration, c’est un gamin égyptien très croyant et très désireux de devenir un bon musulman, de s’attirer les faveurs de son dieu Allah. Petit à petit, de frustrations en violences, de mauvaises fréquentations en malencontreux hasards, il se change en un trentenaire extrémiste, qui prend au pied de la lettre le texte du Coran et accepte de commettre un attentat-suicide.

Il est à la fois passionnant et terrible de voir la transformation de ce gosse pathétique et attachant en assassin fanatique, et de se dire qu’en ce moment même, c’est en train de se produire, dans la réalité, avec d’autres mômes sans doute tout aussi sympathiques.

Lors de dialogues avec ses employeurs, Tomás apprend (et le lecteur également) qu’il est relativement facile de fabriquer une bombe atomique en quelques heures. Le plus compliqué est de se procurer de l’uranium enrichi. L’ex-URSS en possède de bonnes quantités, mais plus personne ne sait combien ni où. Et avec le degré de pauvreté et de corruption qui règne là-bas, disposer de quelques kilos n’est qu’une question de fric. En réponse, Tomás explique comment et pourquoi l’Islam est devenu ce qu’il est, souvent mal compris par ses propres fidèles.

Mais les échanges les plus intéressants sont ceux qui ont lieu entre Ahmed et ceux qui l’influencent si négativement. On y voit en direct cette approche au premier degré des Écritures, l’absence de toute interprétation et de toute critique. Ce qui en découle, c’est la violence, l’intransigeance, et cette volonté terrible d’imposer une religion par quelque moyen que ce soit.

Sans doute suscité par les attentats du 11 septembre 2001, ce livre est éclairé par tout ce qui s’est passé depuis (Charlie-Hebdo, Bataclan, Nice…) confirmant dramatiquement son propos.

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Minifiction #183

Le poireau


J'ai changé pas mal de choses, mais c'est inspiré, de loin, d'un fait divers réel. Y en a, des dingues !

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