Minifiction #175

Jésus 2, le retour


Si Jésus revenait aujourd'hui, il aurait à sa disposition des outils extraordinaires pour répandre la bonne parole !

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Antéchrista

AntechristaBlanche a seize ans, et elle est très mal dans sa peau. Surtout, elle se sent incapable de s’intégrer à un groupe, de se faire des amis, de se comporter correctement en présence d’autres personnes. Pourtant, en avance sur beaucoup de jeunes, elle est déjà à l’université. Là, elle rencontre Christa, qui a le même âge qu’elle, mais qui est totalement désinhibée et possède une aisance extraordinaire dans ses relations avec autrui. Elle est sans cesse entourée, courtisée par les garçons, reconnue par les filles.

C’est Christa qui vient vers Blanche, qui se demande ce qu’elle a pu faire pour mériter un tel honneur. Prête à tout pour retenir Christa, elle lui propose de venir dormir chez elle. Rapidement, le masque tombe. Christa est une profiteuse, une dominatrice. Elle prend très vite un terrible ascendant sur Blanche et même sur les parents de celle-ci, et elle écrase la fragile adolescente de sa personnalité si négative, se révélant plutôt comme Antéchrista. Cependant, le pire est encore à venir…

Comme dans les précédents livres d’Amélie Nothomb que j’ai lus, on est rapidement pris par le récit, appuyée par un vocabulaire et une grammaire sans failles. Le problème tient essentiellement dans l’histoire. J’ai eu l’impression que l’auteure a bâclé la fin pour en finir au plus vite, et ce n’est pas la première fois que j’ai cette sensation avec elle. Ce bouquin, je l’ai « lu » en audio. Après une phrase, j’attendais la suite, les réponses aux questions en suspens, la continuation de ce qui était en cours… mais il n’y avait plus que le silence dans mes écouteurs. J’ai vérifié… c’était fini. D’un coup. Quel dommage, après une narration aussi prenante !

C’était mon troisième essai de lecture d’un livre de cette auteure, et la troisième chute décevante. Ce sera le dernier. 😥

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Des racontars arctiques

RacontarsArctiquesVous aimez l’humour décalé ? Découvrir des raisons de sourire là où nul n’en verrait ? Vous sombrez dans la morosité et vous cherchez un peu d’optimisme dans ce monde de dingues ? Alors, précipitez-vous sur ce bouquin.

Jørn Riel a vécu dans les glaces du Groenland pendant plusieurs années, et il connaît fort bien la vie (ou survie) que mènent ces trappeurs qui passent une bonne partie de leur existence au-delà du cercle polaire. Davantage que le froid intense, davantage que la nuit qui s’attarde pendant six mois, ce qui marque le plus fort le quotidien de ces hommes, c’est la solitude. Parfois, le plus proche voisin est à deux journées de traîneau. Parfois, ils vivent à deux ou trois dans une cabane, presque sans sortir durant des semaines lorsque les températures baissent jusqu’à un niveau que nous ne pouvons imaginer.

Alors, pour eux, le moindre contact humain est une perle rare. Ils savent écouter, s’écouter entre eux, se regarder vivre et attacher à l’amitié une importance aussi démesurée que le froid de ces régions. Une seule fois par an, quand vient l’été, se présente l’unique navire de la saison. Il apporte de la marchandise, les objets commandés un an auparavant, et des nouvelles du monde. Puis il repart…

Non seulement il y a peu d’hommes à ces latitudes, mais surtout, il n’y a pas de femmes. La femme est tellement absente du paysage qu’elle est omniprésente dans le quotidien. Elle est dans les pensées, dans les histoires qu’on se raconte, dans les vantardises des gars, dans les rêves qui les parcourent.

La femme devient en Arctique une entité lointaine et imaginaire, à laquelle on ne fait allusion qu’avec des tournures vagues et prudentes, Il est extrêmement rare d’y entendre parler de cette créature d’une manière grossière ou obscène.

Il y a pourtant deux femmes dans ce livre, mais elles sont assez particulières…

La chasse est un autre pivot de cette vie. Elle permet de se nourrir avec la viande récoltée, et de gagner de l’argent avec les peaux de bêtes. Il y a aussi l’alcool distillé avec les moyens du bord, et l’extraordinaire solidarité. Car le danger est partout et tout le temps.

Ce livre est une compilation de quatre recueils de nouvelles : La vierge froide et autres racontars, Un safari arctique, La passion secrète de Fjordur, Un curé d’enfer. Au total, trente textes qui sont autant de pépites, dans lesquelles rebondissent des aventures désopilantes. Les personnages ne sont pas en reste, car, outre les vrais trappeurs, habitués du Grand Nord, il y a les gars de passage pour un temps limité, et qui sont totalement inadaptés à cette existence : le militaire qui veut préparer la contrée à une éventuelle invasion, le civilisé qui ne peut se passer de tinettes, etc. N’oublions pas les problèmes de tous les jours, comme un souci de santé qui prend d’énormes proportions dans de telles circonstances, ou un conflit qui surgit entre deux hommes. Dans ce cas, le différend est réglé par un duel… d’un genre un peu particulier. Et bien sûr les chiens. Ils sont indispensables pour tirer les traîneaux, mais ils sont également des compagnons, et même des amis, tant la solitude est grande.

Les histoires se suivent, s’enchaînent. Les personnages (une vingtaine tout au plus pour ces centaines de kilomètres carrés), évoluent, deviennent familiers au lecteur…

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Minifiction #174

Ressasser, encore et encore


Quoi de plus redondant que le monde du travail où l'on trime ?

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Le mystère Henri Pick

MystèreHenriPickUn bouquin qui parle de bouquins, c’est toujours très intéressant. Celui-ci a pour point de départ une « bibliothèque des livres refusés » qui a été imaginée par l’écrivain américain Richard Brautigan dans son roman L’avortement, puis qui a vraiment été réalisée. Il s’agit évidemment de rassembler des manuscrits refusés par les éditeurs, ce qui ne signifie pas qu’ils sont forcément mauvais. À la recherche du temps perdu a été rejeté plusieurs fois, ainsi que Harry Potter, Voyage au bout de la nuit, et bien d’autres best-sellers ou chefs-d’œuvre mondialement connus. À l’inverse, un livre accepté n’est pas obligatoirement bon. Les étagères des bibliophiles (vous vous reconnaissez ?) regorgent d’ouvrages d’une qualité parfois très douteuse, retenus pourtant par des éditeurs souvent prestigieux.

On croit que le Graal est la publication. Tant de personnes écrivent avec ce rêve d’y parvenir un jour, mais il y a pire violence que la douleur de ne pas être publié : l’être dans l’anonymat le plus complet.

En effet, si, comme moi, vous aimez parcourir les allées des salons du livre, vous avez remarqué, entre les longues queues des visiteurs désirant une dédicace des « gros auteurs », les stands des inconnus, des délaissés, des presque anonymes qui, entourés de piles de bouquins à peine entamées, font de la figuration ou même somnolent (j’en ai vu), loin de l’excitation d’être enfin édités.

Dans ce roman, David Foenkinos installe cette fameuse bibliothèque des refusés à Crozon, dans le Finistère. Seule contrainte : l’auteur doit se déplacer en personne pour déposer son œuvre.

Certains écrivains traversaient la France pour venir se délester du fruit de leur échec.

C’est là que Delphine Despero, jeune responsable d’édition en vacances, découvre une perle. Un livre dont le titre est Les dernières heures d’une histoire d’amour, histoire poignante et magnifiquement bien écrite dans laquelle la mort de ce couple est mise en parallèle avec la dramatique et longue agonie qui fut celle du poète russe Pouchkine. L’auteur est Henti Pick, dont Delphine n’a bien sûr jamais entendu parler.

Elle fait paraître l’œuvre chez Grasset, et le succès est immédiat et immense. La presse est unanime, des traductions sont lancées, il est question d’adaptation cinématographique, on cite ce roman à la télé, notamment dans l’émission La grande librairie, présentée par François Busnel.

Qui est cet Henri Pick ? C’est un pizzaïolo de Crozon, mort depuis deux ans, que personne n’a jamais vu lire un livre, et qui ne rédigeait même pas personnellement la carte de son restaurant. Alors comment est-il possible qu’il ait écrit un pareil bouquin ? Sa veuve et sa fille n’en reviennent pas, mais, poussées sous les feux de la rampe, elles sont bien obligées d’admettre l’évidence.

Dans un premier temps, le livre tourne autour du monde de l’édition et des écrivains, dévoilant un peu les mécanismes du premier et les états d’âme des seconds.

Ils [les écrivains] errent dans des royaumes aux émotions bancales, et, la plupart du temps, ils ne se comprennent pas eux-mêmes.

Là, l’auteur s’amuse à citer quelques noms connus, et il y a fort à parier qu’il en profite pour adresser quelques clins d’œil ou coups de pied que le lecteur ne perçoit pas forcément, mais soupçonne fortement.

Puis l’on s’interroge… Pick est-il vraiment à l’origine de ce best-seller ? Comment l’aurait-il écrit ? À quel moment ? Si ce n’est pas lui, qui serait l’auteur ? Pour quelle raison celui-ci l’aurait-il déposé dans la bibliothèque des refusés au lieu de le proposer à un éditeur ? Et pourquoi sous un faux nom ? C’est tellement impensable, que cela signifie que Pick est vraiment l’auteur…

Jean-Michel Rouche, un critique littéraire tombé en disgrâce et désœuvré, va tenter d’y voir plus clair…

J’ai beaucoup apprécié ce livre. Et en premier lieu, j’aime chez David Foenkinos cette capacité à changer chaque fois de genre, de style, de sujet. Il ne se repose jamais sur les acquis de sa réputation, il peut passer du romantisme sentimental de La délicatesse à la biographie sans créativité, mais très poétique de Charlotte, puis à l’humour très imaginatif du présent roman.

Sur un rythme apparemment lent, l’intrigue évolue, on découvre une quantité d’histoires secondaires, toutes pleines de tendresse. En prime, on a droit à un suspense digne d’un polar : il est impossible qu’Henri Pick soit l’auteur de ce bouquin, mais il est également impossible que ce soit quelqu’un d’autre. Pourtant, il y a, non pas une chute, à ce roman, mais deux pour le même prix !

Les avis sur ce livre sont variés, certains n’ont pas du tout aimé, d’autres ont été emballés. Je fais partie du second groupe.

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Minifiction #173

L'œuf et la poule


Voici enfin la réponse scientifique, preuve à l'appui, d'une des plus vieilles énigmes de l'humanité.

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Envoyée spéciale

EnvoyéeSpécialeAmbiance et narration très spéciale, il vaut mieux que le lecteur soit averti avant d’attaquer ce livre. De quoi s’agit-il ? D’une parodie de roman d’espionnage. La situation est caricaturale, les personnages sont caricaturaux, l’intrigue également.

Le style aussi est décalé. Ne cherchez pas de guillemets ni de tirets de dialogue, vous n’en trouverez pas. Pas de conversation, alors ? Si, mais tout est intégré au texte principal, sans transition. Ça donne quelque chose comme ça :

Bien passé ? s’est inquiété Jean-Pierre une fois Christian remonté dans la voiture et claqué la portière après lui. Normal, a dit Christian, la boulangère était pas mal.

On s’habitue très vite à cette manière. La plume est impeccable, il y a de très belles phrases, un vocabulaire riche, des tournures élégantes, des perles inattendues. Techniquement, c’est la grande maîtrise.

Jean Echenoz joue avec les codes de ce genre d’histoire, dotant les personnages de pseudonymes et de faux noms. Pas toujours facile de s’y retrouver, mais on s’y fait. Par contre, lesdits personnages manquent totalement de crédibilité. Qu’ils soient des satires de barbouzes, je veux bien. Mais qu’ils aient des réactions aussi artificielles, j’ai eu du mal. On enlève une jeune femme, et son mari ne s’en inquiète pas plus que ça. Il reçoit une demande de rançon, décide de ne pas donner suite, et va draguer la secrétaire de son frère, qui tombe directement dans son lit, sans même chercher à se faire mériter. Je trouve ça complètement bidon.

Pendant ce temps, un vieux général désœuvré tente de sa propre initiative de déstabiliser la Corée du Nord en expédiant là-bas une fille qui sait à peine où ça se trouve, accompagnée de deux sbires qui ne jouent dans l’affaire qu’un vague rôle de figurants. Et quand ça tourne mal, elle est délivrée par un mec qui a passé pas mal d’années en taule, souffre-douleur des autres détenus, mais qui est tout de même capable de battre au taekwondo des gardes coréens entraînés, dont c’est le sport national !

Et quand tout est tellement bloqué qu’on ne voit pas comment les héros vont s’en sortir, l’auteur explique tout simplement que les personnages en question, par souci de discrétion, s’absentent de la scène pendant plusieurs mois, que nul ne sait ce qu’il advient d’eux, jusqu’à ce qu’ils réapparaissent plus tard non loin de chez eux, comme par magie. J’aurais du mal à préciser à quel moment l’histoire a vraiment commencé, et quand elle s’est terminée. Est-elle terminée, d’ailleurs ? Le bouquin s’achève sur une énième pirouette.

J’oubliais de vous dire : c’est de l’humour, paraît-il. L Cependant, où est l’intérêt de ce sac de nœuds ?

Je dois quand même vous avouer que j’ai beaucoup de mal avec les histoires d’espionnage. En général, je perds vite le fil et je pige rien ! Alors, celle-ci qui est en plus une parodie n’a pas arrangé les choses ! Pourtant, je le répète : techniquement, c’est la grande maîtrise.

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Minifiction #172

Imagine


On peut imaginer n'importe quoi, n'est-ce pas ? Qu'on a des ailes, qu'on vole… Parfois, pourtant, c'est difficile.

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L’assassin qui rêvait d’une place au paradis

AssassinPlaceParadisJonas Jonasson s’est fait une spécialité de ces histoires humoristiques, dans lesquelles des personnages improbables se retrouvent confrontés à des situations impossibles d’où ils se sortent par des pirouettes capillotractées dignes des dessins animés de Tex Avery, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Dans ce roman, nous rencontrons Johan Andersson, plus connu dans le milieu de la pègre suédoise sous le surnom de Dédé le meurtrier. Il a passé plus de la moitié de sa vie en taule pour diverses actions violentes à l’encontre de ses semblables. Il vient d’être libéré, et il est bien décidé à ne pas retourner derrière les barreaux. Il trouve à se loger dans un bordel déguisé en hôtel mal famé, tenu par un jeune réceptionniste désabusé, Per Persson. Ce dernier fait la connaissance d’une femme ex-pasteur, Johanna Kjellander, absolument incroyante, qui a été virée de sa paroisse à la suite de quelques propos déplacés.

À eux trois, ils vont monter une affaire juteuse. Lorsqu’un malfrat des environs veut se venger d’un concurrent, client ou fournisseur en lui donnant une correction, Dédé se charge du boulot. Per et Johanna prennent les contrats, organisent le travail, encaissent le fric et empochent un pourcentage.

Hélas ! un jour, Johanna parle de la Bible à Dédé, et celui-ci décide de cesser ses coupables activités, de répandre la bonne parole et de faire don de leur cagnotte à des associations caritatives afin de se racheter de ses erreurs passées !

Il s’ensuit une série de rebondissements du plus bel effet. Dédé est non seulement alcoolique, mais en plus il est atteint d’une stupidité d’une rare intensité. Ses deux acolytes, au contraire, ont un esprit machiavélique capable d’élaborer des plans extrêmement tordus pour parvenir à leurs fins : utiliser Dédé afin d’amasser le maximum de fric possible sur le dos de gogos naïfs et innocents. Bien sûr, leurs beaux projets sont menacés par les truands de la région, qui ont tous de bonnes raisons de vouloir les occire, et qui vont même jusqu’à s’allier pour y parvenir.

N’attendez surtout pas de ce livre un message philosophique ou une source de passionnantes discussions sur le sens de la vie, à part ceci : La frontière entre la virilité et la stupidité est parfois très mince. Il ne s’agit que d’une histoire destinée à faire rire, et elle y parvient plutôt bien. Les plans imaginés pour se tirer des mauvais pas sont extrêmement tordus, de temps en temps au point que le lecteur a un peu de mal à s’y retrouver, mais qu’on ne s’inquiète surtout pas, ce n’est pas grave, il n’y a pas mort d’homme. Enfin… si, mais c’est un détail.

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Minifiction #171

VIP


Les aéroports (et les gares) sont des endroits où l'on rencontre toutes sortes de gens, de tous milieux, intérêts et origines.

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